
Le spĂ©cimen le plus complet dÂ'Homo sapiens idaltu. (Tim White)
Les fossiles d’
Homo sapiens de cette période, surtout en si bon état, faisaient défaut aux anthropologues. Les trois crânes vieux de 154.000 à 160.000 ans découverts en Ethiopie constituent donc un apport précieux pour mieux comprendre comment cet homme moderne a émergé.
L’Ă©quipe de Tim White (universitĂ© de Berkeley, Californie) a mis au jour en 1997 et peu Ă peu reconstituĂ© deux crânes d’adultes et un crâne d’enfant près du village de Herto, dans la dĂ©pression d’Afar. Les chercheurs l’ont baptisĂ©
Homo sapiens idaltu, 'idaltu' signifiant aĂ®nĂ© dans la langue afar. Il s’agit en effet d’un
Homo sapiens archaĂŻque, prĂ©sentant nettement des caractĂ©ristiques de l’homme moderne tout en partageant certains traits des hominidĂ©s africains antĂ©rieurs, expliquent les chercheurs dans la revue
Nature datée du 12 juin.
Jusqu’Ă prĂ©sent, les fossiles d’
Homo sapiens les plus complets et les plus sĂ»rement datĂ©s (115.000 ans environ) avaient Ă©tĂ© dĂ©couverts non pas en Afrique mais en IsraĂ«l. Les crânes de Herto comblent donc un vide pour les anthropologues, notamment pour ceux qui dĂ©fendent la thĂ©orie ‘’Out of Africa’’ selon laquelle l’homme moderne est nĂ© en Afrique avant de partir ‘’coloniser’’ les autres continents.
C.D.
(12/06/2003)