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Au nom du père, du fils et du frère

NOUVELOBS.COM | 22.10.2002 | 15:59

L'ossuaire découvert par Lemaire à Jérusalem (AP /Shanks' Biblical Archaeology Review)

Une inscription gravée en araméen sur une urne funéraire découverte en Israël pourrait constituer une preuve sans précédent de l’existence de Jésus de Nazareth, selon André Lemaire, un historien français spécialiste de la Bible. «Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus» : tels sont les mots découverts sur cet ossuaire vide qui daterait d’environ 60 après JC. André Lemaire, qui publie un article dans la revue Biblical Archaeology Review, estime probable que l’épigraphe fait référence à Jésus de Nazareth, même s’il reconnaît que rien ne confirme clairement qu’il s’agisse bien du Jacques mentionné dans les Evangiles.

Selon la tradition chrétienne, Jésus avait en effet un frère, Jacques, tué par lapidation en 62 après JC. Si l’hypothèse de Lemaire était vérifiée, il s’agirait de la plus ancienne et quasiment de l’unique référence à Jésus en dehors des Evangiles. Mais la découverte suscite de nombreuses réserves chez les spécialistes. Joseph, Jacques et Jésus étaient des noms très répandus à cette époque et, même si la mention du frère est très rare, il est difficile d’en conclure qu’il s’agit de Jésus de Nazareth.

D’autre part, l’origine de l’ossuaire reste inconnue. Il appartient à un collectionneur anonyme de Jérusalem qui l’a acquis chez un antiquaire. Selon André Lemaire, son authenticité ne fait pas de doute. Le graphisme correspond bien à celui de l’époque du premier siècle après JC. De plus, une analyse menée en Israël a exclu l’hypothèse d’une falsification récente. Cependant, le fait que l’urne soit vide prive les historiens d’une datation au carbone 14.

Certains universitaires remettent en cause l’existence de Jésus, faute de preuves historiques tangibles. Ces mots, «Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus», apporteraient donc une preuve inégalée. Nul doute que leur signification sera âprement débattue.

Cécile Dumas
(22/10/2002)
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